Un groupe d’hommes armés a abattu sans pitié un leader éminent de la communauté musulmane Rohingya à l’intérieur d’un camp de réfugiés situé dans le sud du Bangladesh. L’ONU et les autorités locales ont également confirmé la mort de Mohib Ullah, abattu mercredi dans un camp de réfugiés.

Depuis l’exode de plus de 730 000 personnes suite à la prise de contrôle militaire du Myanmar en 2017, Mohib Ullah est devenu le leader de l’un des plus grands groupes musulmans rohingyas au monde. Il a été invité à plusieurs réunions très médiatisées, notamment celles tenues à la Maison Blanche et au siège de l’ONU en tant que représentant du groupe de musulmans Rohingyas qu’il dirigeait.

Il a également pris la parole devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies et a été un ardent défenseur des droits de la minorité musulmane Rohingya qui a subi des décennies de persécution. Il a également dirigé l’Arakan Rohingya Society for Peace and Human Rights, qui documente et fait connaître les atrocités subies par le peuple Rohingya au Myanmar.

Le surintendant adjoint de la police de la ville côtière du sud-est de Coxs Bazar au Bangladesh, Rafiqul Islam a confirmé que Mohib Ullah avait été abattu sans donner de détails sur l’incident.

Mohib Ullah a été la cible de partisans de la ligne dure pour son travail acharné à lutter pour les droits des musulmans rohingyas. Il aurait régulièrement reçu des menaces de mort, bien qu’il ait souligné qu’il n’avait pas peur de la mort et qu’il était prêt à donner sa vie pour son peuple.

Les grands camps de Rohingyas au Bangladesh sont souvent confrontés à des crimes violents, notamment des enlèvements, des viols et des meurtres. De nombreuses femmes et enfants innocents dans les camps ont fini par être pris entre les feux croisés de groupes armés luttant pour le pouvoir.

Le haut-commissaire de l’ONU a déclaré qu’une coordination était en cours avec les autorités locales chargées de l’application des lois pour continuer à assurer la sécurité dans les camps de réfugiés au Bangladesh.

La consternation et le chagrin suscités par la mort de Mohib Ullah sont également venus du groupe musulman Rohingya qui a qualifié sa mort de « grande perte » pour la communauté.

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