Puis-je louer une maison achetée avec un prêt hypothécaire conventionnel ?
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Toutes les louanges et tous les remerciements sont dus à Allah, et que la paix et la bénédiction soient sur Son Messager.
Dans cette fatwa :
De nombreux érudits contemporains soutiennent que si un musulman a acheté une modeste maison grâce à une hypothèque conventionnelle parce qu’aucune alternative halal pratique n’était disponible, la location de cette propriété est généralement autorisée. Cette opinion se base sur les principes de nécessité (Hajah) et du choix du moindre des deux préjudices tout en maintenant que le Riba lui-même reste interdit.
En réponse à votre question, Cheikh Ahmad Kuttymaître de conférences et érudit islamique à l’Institut islamique de Toronto, Ontario, Canada, déclare :
De nombreux musulmans sont aujourd’hui confrontés à une question réelle et pressante : peuvent-ils acheter une maison grâce à un prêt hypothécaire conventionnel ?
Au niveau des principes, la réponse est claire. L’intérêt (Riba) est interdit et le croyant est censé l’aborder avec prudence et sérieux. Mais la loi islamique reconnaît également que les gens vivent dans des limites, en particulier dans les sociétés où les options financières sont limitées et où le logement n’est pas facile à obtenir.
Pour cette raison, de nombreux chercheurs contemporains, en particulier ceux travaillant avec les minorités musulmanes, ont revisité la question à la lumière des réalités vécues : la hausse des loyers, l’instabilité à long terme et la difficulté d’élever une famille sans domicile permanent.
Leur raisonnement repose souvent sur deux principes établis.
- Le premier est le besoin (). Lorsqu’un besoin réel et généralisé existe, la loi autorise une concession limitée, même dans des domaines normalement restreints, à condition qu’aucune alternative raisonnable ne soit disponible.
- La seconde consiste à choisir le moindre des deux préjudices. Lorsque les deux options disponibles comportent des difficultés, on peut choisir la voie qui conduit à moins de dommages globaux.
Cela signifie peser deux réalités. La location peut éviter une participation directe aux intérêts, mais elle peut conduire à des années de paiements sans propriété, avec peu de stabilité et une pression financière continue. L’achat par le biais d’un prêt hypothécaire, bien que problématique sur le plan éthique, peut progressivement conduire à la propriété et à la sécurité.
Pour cette raison, un certain nombre de chercheurs considèrent que l’achat d’une maison modeste au moyen d’un prêt hypothécaire est le moindre des deux préjudices lorsqu’il n’existe aucune option halal viable.
Mais il ne s’agit pas d’une autorisation générale. Il s’agit d’une allocation limitée.
Cela dépend de l’intention : l’objectif doit être la nécessité et non le luxe. Cela demande de la modération : choisir un logement raisonnable selon ses moyens. Et cela demande des efforts : essayer de réduire et de rembourser l’hypothèque le plus rapidement possible.
L’attitude intérieure de chacun est tout aussi importante. Cette concession ne change rien à la règle des intérêts. Cela reflète plutôt une réponse aux difficultés. Un croyant reste conscient, prudent et recherche le pardon tout en espérant un moment où des options entièrement halal seront disponibles.
En fin de compte, il ne s’agit pas d’un simple oui ou non. Il s’agit d’une tentative d’équilibrer les principes et la réalité sans perdre de vue l’un ou l’autre.
Il convient également de noter que cette position a été adoptée par les principaux conseils du Fiqh en Europe et en Amérique du Nord, qui ont soigneusement étudié la question à la lumière des circonstances auxquelles sont confrontées les communautés musulmanes minoritaires.
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