Ni croix ni barrière : le pape crée un symbole fort d’amitié avec l’islam à Jakarta

À Jakarta, le pape François franchit une étape inédite : une bénédiction guidée par la fraternité, sans croix, au cœur d’un tunnel symbolisant une nouvelle trame de dialogue entre catholiques et musulmans indonésiens. Entre gestes forts et discours apaisants, retour sur une matinée qui a secoué la routine interreligieuse aussi sûrement qu’un gingle réveil traversant une nuit tropicale !

Un rendez-vous marquant : la visite du tunnel de l’Amitié

Ce jeudi matin, le pape François a inscrit une nouvelle page dans l’histoire de son pontificat en Indonésie. Son programme comportait l’un des événements les plus attendus de son voyage : la visite du célèbre « tunnel de l’Amitié », qui relie la cathédrale catholique de Jakarta à la grande Mosquée toute proche. L’édifice n’est pas juste un ouvrage d’architecture ; il incarne concrètement le souhait de rapprocher deux communautés, souvent présentées comme distinctes, mais ici réunies dans un même élan.

La cérémonie ne se voulait ni solennelle à outrance, ni exclusivement catholique. Le pape, fort de son charisme naturel, a choisi de bénir le tunnel sans effectuer de signe de croix, s’adressant à tous sans exclusive. Puisant dans une prière universelle, il s’est exprimé ainsi : « J’élève ma prière vers Dieu, le Créateur de tous, afin qu’il bénisse tous ceux qui traverseront ce Tunnel… » Impossible de faire plus inclusif !

Un dialogue interreligieux affiché, une charte signée

Mais cette journée ne s’arrêtait pas aux gestes symboliques. Après la visite, le pape François a procédé à la signature d’une charte de bonne entente avec les représentants de l’islam indonésien. Une fois de plus, il a souligné devant son auditoire que le dialogue interreligieux ne devait pas être un mot creux ou une case cochée pour la galerie :

  • Il a exprimé le souhait que les communautés deviennent « de plus en plus ouvertes au dialogue interreligieux ».
  • Pour lui, catholiques et musulmans indonésiens devraient offrir « un symbole de la coexistence pacifique qui caractérise l’Indonésie ».

Dans un pays où l’équilibre entre traditions et modernité n’est jamais totalement acquis, la démarche a valeur d’exemple.

Fraternité contre obscurité : l’appel du pape à la lumière commune

Au-delà des signatures et des tunnels, c’est surtout dans ses mots que François a placé la focale sur la nécessité d’ouvrir la porte à l’Autre, sans crainte ni crispation. Le souverain pontife affirme l’importance « d’opposer le signe de la fraternité aux nombreux signes de menace, aux périodes sombres ». Et il va plus loin, pointant la clé d’un avenir possible :

  • Accueillir l’autre tout en respectant son identité
  • Inviter à « un chemin commun, fait d’amitié, menant vers la lumière »

Pas question ici de diluer les croyances, mais plutôt de tisser un lien solide à partir du respect mutuel. De quoi envoyer valser barrières mentales et vieux réflexes de méfiance !

Quand le symbole dépasse les mots

En bénissant le tunnel de l’Amitié sans recourir au traditionnel signe de croix, François a voulu frapper fort : il s’agit d’agir main dans la main, non de s’observer poliment à distance. Son geste s’adresse à toutes celles et ceux qui emprunteront ce passage entre la cathédrale et la mosquée, les invitant eux aussi à devenir des passeurs de paix à leur manière.

Ce moment, loin de n’être qu’un simple instant protocolaire, a donc été marqué par cette volonté farouche de lutter contre la tentation du repli, du soupçon, et de la division. Une leçon qui, espérons-le, ne s’arrêtera pas aux portes du tunnel, mais rayonnera bien au-delà.

Certains ponts sont en béton, d’autres sont faits de regards sincères et de paroles partagées. Ce jeudi à Jakarta, le pape François a manifestement aidé le béton à laisser passer la lumière… À chacun d’emprunter ce chemin, sans croix ni barrière !