La charité est-elle suffisante pour lutter contre la malhonnêteté sur le lieu de travail en Islam ?
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Toutes les louanges et tous les remerciements sont dus à Allah, et que la paix et la bénédiction soient sur Son Messager.
Dans cette fatwa :
Dans l’Islam, la charité ne suffit pas à corriger la malhonnêteté au travail si elle met en cause les droits d’autrui. Vous devez d’abord tenter de rembourser ou demander pardon à l’employeur. La charité ne peut suivre qu’après avoir réglé l’obligation initiale ou si le remboursement n’est pas possible.
En réponse à votre question, Cheikh Ahmad Kutty, maître de conférences et érudit islamique à l’Institut islamique de Toronto, Ontario, Canada, déclare :
Ce qui s’est produit ici est grave, mais il n’est pas irréparable, si Dieu le veut. Cela demande de la clarté, de l’honnêteté et un effort délibéré pour arranger les choses.
Il y a trois éléments dans ce qui s’est passé. Vous avez bénéficié de leur temps et de leur argent. Vous avez donné l’impression que le cours était presque terminé alors que ce n’était pas le cas. Et vous avez accepté un certificat qui ne reflète pas un véritable apprentissage.
En termes éthiques, cela touche à la véracité et à la confiance ; en termes religieux, cela implique les droits d’autrui – et ces droits ne peuvent être négligés.
Pour cette raison, la repentance ici n’est pas seulement intérieure. Cela doit aussi être extérieur.
Commencez par vous éloigner de l’action elle-même. N’y revenez pas. Tournez-vous ensuite vers Allah avec de sincères remords, en reconnaissant le tort, en demandant pardon et en formant la ferme intention de ne pas le répéter.
Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Ce qui donne son poids à cette situation, c’est que d’autres ont été touchés. Il faut donc faire un effort pour y remédier.
Contactez l’employeur. Il n’est pas nécessaire de faire de longues explications. Un message bref et honnête suffit : que vous n’avez pas correctement suivi la formation, que le certificat ne reflète pas la réalité et que vous le regrettez. Proposez de rembourser le coût ou d’accepter toute résolution qu’ils jugent équitable.
Une fois que vous avez fait cela, vous leur confiez l’affaire.
S’ils demandent un remboursement, faites de votre mieux pour y parvenir, même si cela prend du temps. S’ils choisissent de l’ignorer, alors vous acceptez cela comme leur décision, sachant que vous en avez assumé la responsabilité.
Il est important de comprendre que donner le montant équivalent en charité ne remplace pas cette démarche, car le droit leur appartient. La charité reste un acte bon et recommandé, mais elle suit, plutôt qu’elle ne remplace, une tentative de corriger le mal.
Si, après de véritables efforts, vous ne parvenez pas à les atteindre, alors donner ce montant à titre de charité dans le but d’effacer votre responsabilité est une solution raisonnable.
Le malaise que vous ressentez n’est pas un fardeau, c’est un signe de conscience morale. C’est ce qui fait passer une personne de l’erreur à la correction.
Alors continuez avec calme et détermination. Soyez honnête. Prenez vos responsabilités là où vous le pouvez.
Mettez de côté le certificat ; ne comptez plus dessus. Donnez toute la charité dont vous êtes capable. Demandez pardon à Allah et demandez un meilleur chemin à suivre.
Et puis aller de l’avant, non pas en ignorant ce qui s’est passé, mais en y ayant fait face honnêtement et en prenant des mesures pour y remédier.
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