Jeûne;  Une épreuve pour soulager toutes les épreuves

Jeûne; Une épreuve pour soulager toutes les épreuves

La pratique du jeûne possède un véritable pouvoir reconnu dans presque toutes les traditions spirituelles du monde.

Le jeûne, nous dit-on, peut purifier l’esprit et élever notre conscience en affinant nos perceptions ; nous donnant une perspective plus significative sur la réalité.

La maîtrise de soi est un acte de volonté qui peut nous donner un sentiment d’autonomisation et accroître notre estime de soi.

Lorsque nous exerçons un contrôle sur nos mouvements physiques, nous finissons par exploiter le pouvoir de nos émotions spirituelles et les canaliser vers nos plus grandes priorités. Ce n’est pas seulement un principe spirituel mais une loi de la nature. Le jeûne nous donne de la force.

Le pouvoir du jeûne

Bien entendu, le pouvoir du jeûne ne réside pas dans l’acte lui-même mais dans l’intention qui lui correspond. Sans intention appropriée, le jeûne est un phénomène purement biologique. Sans la bonne intention, la faim devient une soif de carburant et non de foi.

Bien intentionné, le jeûne induit une sorte de passivité qui nous rappelle que nous avons besoin de repos. Nous devons nous reposer du banal, du superficiel, du dénué de sens. Avec la bonne intention, la nourriture devient un sacrement, la boisson devient un élixir de vie. Et le jeûne nous procure un sentiment d’exaltation. L'ordinaire devient sacré.

Considérer ce qui suit:

Quel que soit le niveau de stress émotionnel que vous subissez, heureusement, votre système nerveux ne peut pas supporter une seule émotion pendant une durée indéfinie. L’adage selon lequel les émotions sont éphémères est littéralement vrai.

Une douleur émotionnelle prolongée peut se transformer en euphorie, l’anxiété peut se transformer en dépression et vice versa. Aucune émotion ne dure trop longtemps, même si les circonstances qui l'ont produite durent.

Nous supposons que le stress émotionnel ou la douleur est plus difficile à supporter que le stress physique, mais ce n’est pas le cas. La douleur émotionnelle a l’espace infini de notre esprit et de notre imagination pour se cacher et incuber. La douleur émotionnelle peut être mythifiée et glorifiée et nous pousser à élaborer des récits de triomphalisme.

Les grandes tribulations nous obligent à créer des histoires de transformation. La douleur émotionnelle enflamme nos énergies spirituelles qui peuvent nous donner de l’espoir, de la force, de l’autodétermination, la formation d’une identité et bien sûr – la foi.

Développement spirituel

Il y a une raison pour laquelle les tribulations sont souvent le moteur du développement spirituel. C'est la bénédiction de Dieu (Rahma) sur nous que nous soyons équipés d'outils de créativité et d'imagination, qui nous permettent non seulement de triompher de la douleur, mais aussi de nous catapulter dans des états de conscience supérieurs. Les tribulations peuvent devenir des occasions de démontrer leur caractère et leur foi.

Mais la douleur physique, celle qui nous paralyse, comme la faim, la soif, le froid et la maladie, n’a aucun endroit où se cacher. Il ne peut exister que dans les quatre coins de nos corps finis.

La douleur physique ne peut pas être romancée. Quand ça fait mal, ça fait mal ! Lorsque vous grelottez de froid, que vous avez des crampes de faim ou que vous mourez de soif, vous ne pouvez pas faire preuve de caractère, vous ne pouvez pas souffrir en silence ou avec dignité. Il n’y a rien de sentimental dans ce genre de douleur.

Un peu de douleur pourrait vous forcer à prendre du recul, à voir la situation dans son ensemble et à vous remonter le moral ; Une douleur physique prolongée peut le briser. Quand vous avez froid et faim, vous n'avez que cela : froid et faim.

Le jeûne est une faim sans l’anxiété correspondante qui vient d’une véritable privation. Il n’y a aucune comparaison entre la pratique religieuse volontaire d’abstinence et de retenue et celle qui ne connaît aucune option, aucun choix, aucune gloire.

Et pourtant, lorsque les gens souffrent profondément émotionnellement, ils recherchent inconsciemment le stress physique comme moyen de soulager leur angoisse. Plusieurs études soutiennent l’affirmation selon laquelle la douleur et le stress auto-infligés peuvent aider à se sentir mieux.

Générer du stress physique soulage le stress émotionnel. Faut-il s’étonner que certaines personnes adoptent un comportement autodestructeur ?

Nous faisons l’erreur de supposer qu’un comportement physique autodestructeur est préférable à la douleur émotionnelle liée à une perte ou à des circonstances tragiques. C'est seulement un manque de foi et d'imagination qui nous amène à croire cela. Le jeûne pendant le Ramadan devrait nous aider à briser ces schémas de pensée enracinés.

Comment?

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Lorsque nous jeûnons avec une bonne intention, nous nous engageons dans une forme de stress physique volontaire, sanctionnée par Dieu, destinée à soulager certains de nos pires chagrins. Le jeûne est une forme de guérison émotionnelle. C'est une forme de stress physique qui peut soulager la douleur émotionnelle.

Il oriente votre système nerveux et vos émotions vers l’immédiat. Et cela vous évite les traumatismes émotionnels en vous offrant le don de la perspective, mais sans l'anxiété correspondante que vous ressentiriez si vous étiez véritablement dans un état de pauvreté et de privation.

Le jeûne est un bouton de réinitialisation qui nous rappelle que l’inconfort physique n’est pas seulement une évasion de l’émotionnel, mais une façon de faire face aux petites revendications qu’il a sur votre vie.

Vous avez de la nourriture, un abri, de l'eau, de la chaleur. Votre abdication volontaire de tout cela est une réorientation, un bouton de réinitialisation et de soulagement sur lequel vous pouvez appuyer pour vous éloigner du monde éphémère du drame émotionnel. C'est un bouton que vous avez à votre disposition.

Comme tout autre moyen approuvé par Dieu pour faire face aux réalités de la vie, le Ramadan nous fournit un contexte nous permettant de reprendre le pouvoir sur nos vies d'une manière qui n'est pas pathologique, car elle n'est pas antisociale mais communautaire, et non autodestructrice parce qu'elle est auto-exaltation. Ironiquement, le jeûne n’est pas une épreuve, c’est en fait l’épreuve qui soulage toutes les épreuves.

Cet article provient de nos archives, initialement publié à une date antérieure et mis en évidence ici pour son importance.