Le mari peut-il empêcher sa femme de travailler ?

Le mari peut-il empêcher sa femme de travailler ?

Washington `alaykum As-Salamu wa Rahmatullahi wa Barakatuh.

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Toutes les louanges et tous les remerciements reviennent à Allah, et que la paix et les bénédictions soient sur Son Messager.


Dans cette fatwa :

  • Il n’est pas permis au mari d’abuser de ses droits sur sa femme en l’empêchant d’aller travailler ou en exigeant qu’elle le quitte sans raison valable, surtout si son départ du travail dans ce cas causerait plus de tort que de bien à l’intérêt général de la famille.
  • De même, il n’est pas permis à l’épouse de continuer à travailler si cela porte atteinte aux intérêts de sa famille et cause plus de mal que de bien.

En réponse à la question, le Académie du Fiqh islamiqueaffilié à l'Organisation de la Conférence islamique (OCI), déclare :

Le droit de l'épouse à posséder des biens et des revenus

Chaque époux dispose d'une situation financière indépendante. L'épouse a le droit de posséder ses propres biens et revenus.

Elle a la pleine capacité juridique, dans le cadre de la charia, de disposer de ses propres revenus et biens sans avoir à demander l’autorisation de son mari.

Le mari doit subvenir aux besoins de sa femme et à ses besoins fondamentaux en fonction de ses revenus et des normes sociales convenues. Ce droit de la femme ne peut lui être refusé, sauf en cas de désobéissance.

La responsabilité première de l’épouse est de prendre soin de sa famille à la maison et de bien élever ses enfants.

Conditions de travail des femmes à l'extérieur de la maison

Elle peut travailler à l'extérieur de la maison si le besoin s'en fait sentir, mais certaines conditions doivent être respectées dans ce cas :

  • que son travail correspond à sa nature et à son domaine de spécialisation conformément aux normes de la Charia ;
  • qu’elle adhère aux enseignements de l’Islam (en ce qui concerne sa tenue vestimentaire et son comportement) ;
  • et qu’elle ne néglige pas sa responsabilité première envers sa famille.

Le fait qu’elle travaille à l’extérieur de la maison et gagne de l’argent ne signifie pas que le mari est exempté de l’obligation religieuse qui lui incombe de subvenir à ses besoins, à moins qu’elle ne lui ait désobéi en travaillant à l’extérieur.

Participation de l'épouse aux dépenses familiales

La femme n’est pas légalement tenue de participer aux charges familiales ; cette obligation incombe en premier lieu au mari. Il n’est donc pas permis au mari de l’obliger à participer aux charges familiales.

Il est toutefois souhaitable que l’épouse participe volontairement aux dépenses familiales, car cela augmente l’affection et renforce la coopération entre les époux.

Les époux peuvent s’entendre sur la manière de dépenser le salaire de l’épouse.

Si le fait que l'épouse travaille entraîne des dépenses supplémentaires qui lui incombent, c'est elle qui doit les payer à partir de son revenu.

Le travail de l'épouse comme condition du mariage

La femme peut stipuler explicitement dans le contrat de mariage qu'elle travaillera à l'extérieur du foyer après le mariage. Si le mari accepte cette condition, elle devient obligatoire pour lui.

Le mari peut ensuite demander à sa femme de quitter son travail si cela est dans l’intérêt de la famille.

Il n'est pas permis, du point de vue de la Charia, que le mari accepte le travail de sa femme à condition qu'elle participe aux dépenses du ménage ou qu'elle lui donne une partie de son salaire.

Il n’est pas non plus permis au mari de contraindre sa femme à travailler à l’extérieur du foyer.

Si l'épouse a contribué financièrement (avec son argent propre ou son salaire) à l'achat d'un bien avec son mari ou à la réalisation d'un projet d'entreprise, elle a le droit de devenir associée dans la propriété dudit bien ou de ladite entreprise en fonction de la part d'argent qu'elle a versée.

Les époux doivent respecter certains droits et devoirs mutuels. Les relations conjugales doivent être fondées sur l'équité, la solidarité, le soutien mutuel et la miséricorde.

L’abus de l’un de ces droits et devoirs est considéré comme un acte répréhensible du point de vue de la Charia.

Il n’est donc pas permis au mari d’abuser de ses droits sur sa femme en l’empêchant d’aller travailler ou en exigeant qu’elle le quitte sans raison valable, surtout si son départ du travail dans ce cas causerait plus de tort que de bien à l’intérêt général de la famille.

De même, il n’est pas permis à l’épouse de continuer à travailler si cela porte atteinte aux intérêts de sa famille et cause plus de mal que de bien.

Allah Tout-Puissant sait mieux.