Une femme musulmane illégalement expulsée de l’Inde vers le Bangladesh alors qu’elle détenait des documents indiens

Une femme musulmane du Bengale occidental a été présentée comme une migrante bangladaise illégale et poussée de force à traverser la frontière indienne vers le Bangladesh à 1 heure du matin – la laissant isolée de son mari et de ses jeunes fils, même si elle détenait des documents indiens prouvant sa citoyenneté.

Sahida Fakir, 40 ans, qui a été poussée de l’autre côté de la frontière de l’Assam vers le Bangladesh, est victime d’un problème persistant où les forces de sécurité indiennes emmènent physiquement des personnes qu’elles soupçonnent d’être des migrants illégaux de l’autre côté de la frontière vers le Bangladesh, sans procédure légale ni contrôle d’identité.

Le groupe de famille et de défense des droits de Fakir, Mahila Sarvangeen Utkarsh Mandal, MASUM, cite son acte de naissance, sa carte d’électeur, sa carte PAN et ses registres fonciers comme preuve de son lien juridique de longue date avec l’Inde. Le CID du Bengale occidental aurait toutefois nié avoir eu connaissance de sa détention.

Fakir, de Swarupnagar dans le district de North 24 Parganas au Bengale occidental, est désormais séparée de son mari, Jumman Fakir, et de leurs deux fils, qui restent en Inde.

Selon Fakir, sa famille et l’organisation de défense des droits humains Banglar Manabadhikar Suraksha Mancha (MASUM), elle a été arrêtée alors qu’elle se rendait à un marché, puis placée en garde à vue.

Faux profilage

La plainte de MASUM allègue que la police et les responsables du Département des enquêtes criminelles (CID) l’ont identifiée comme étant une ressortissante bangladaise et l’ont emmenée dans un établissement où étaient détenues des personnes soupçonnées d’être des étrangers sans papiers.

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L’organisation affirme en outre que Fakir est restée en détention pendant environ 90 heures sans avoir été présentée devant un magistrat judiciaire et qu’elle s’est vu refuser l’accès à une assistance juridique et à la communication avec sa famille.

Parlant au téléphone, Fakir a déclaré qu’elle avait été poussée à travers la frontière vers 1 heure du matin et qu’elle avait ensuite passé des heures à marcher dans des champs boueux.

Elle a déclaré à The Indian Express : « Je suis une citoyenne indienne et je veux juste rentrer chez moi. Mon fils est en classe 7 ; qui s’occupera de lui ? »

Elle résiderait désormais dans une famille à Satkhira, au Bangladesh.

Sa famille sollicite une intervention juridique pour son retour en Inde.

Documents cités par la famille et le groupe de défense des droits

La famille de Fakir et MASUM affirment qu’elle possède plusieurs documents gouvernementaux la liant au Bengale occidental.

La plainte indique que la naissance de Fakir a été enregistrée par le Bithari Hakimpur Gram Panchayat le 12 octobre 1995.

Il indique également que ses parents, Amanuddin Gazi et Majida Bibi, figuraient sur les listes électorales de 2002 de la circonscription de l’Assemblée de Swarupnagar.

L’organisation a présenté ces documents comme preuve que Fakir est un citoyen indien ayant un lien de longue date avec le Bengale occidental.

MASUM a soulevé des questions sur la légalité de la détention de Fakir.

Il allègue en outre qu’elle n’a pas été informée des motifs de son arrestation, qu’elle n’a pas pu consulter un avocat et qu’elle n’a pas pu communiquer avec sa famille.

L’organisation a demandé une enquête sur la détention présumée et a demandé la préservation des images de vidéosurveillance, des dossiers d’arrestation, des journaux de commissariat, des registres de détention et d’autres documents pertinents.

Pourquoi cette affaire est importante

Le cas de Fakir intervient dans un contexte de surveillance accrue des musulmans de langue bengali en Inde, en particulier des travailleurs migrants qui voyagent du Bengale occidental vers d’autres régions du pays à la recherche de travail.

Pour de nombreuses familles, la migration entre l’est et l’ouest de l’Inde est une routine. Mais les groupes de défense des droits ont exprimé leurs inquiétudes quant au fait que la langue, l’apparence, le lieu d’origine ou d’autres formes de profilage peuvent conduire à ce que les citoyens indiens soient traités à tort comme des migrants bangladais sans papiers.

Fakir aurait déménagé à Mumbai avec son mari il y a environ vingt ans à la recherche de travail. Selon le récit de MASUM, elle travaillait comme employée de maison tandis que son mari gagnait sa vie en nettoyant les véhicules.

La question est particulièrement sensible au Bengale occidental, où les débats sur la migration, la citoyenneté et les listes électorales se sont intensifiés.

« Elle appartient à notre village »

La famille de Fakir n’est pas le seul groupe à affirmer qu’elle appartient au Bengale occidental.

Les habitants de Gobindapur, le village où vivaient son père et son grand-père, auraient écrit au magistrat du district le 5 août pour demander son retour.

Selon Scroll, les villageois ont décrit Fakir comme une résidente permanente du village et ont déclaré qu’ils connaissaient sa famille depuis des générations.

Cas similaires contre des travailleurs parlant le bengali

Le cas de Fakir fait suite à d’autres incidents signalés impliquant des personnes parlant le bengali accusées d’être des migrants bangladais sans papiers.

En 2025, deux femmes du Bengale occidental, Sunali Khatun et Sweety Bibi, auraient été arrêtées à Delhi et poussées à travers la frontière vers le Bangladesh avec leurs familles. Ils ont ensuite été ramenés à la suite d’une intervention judiciaire, notamment devant la Haute Cour de Calcutta et la Cour suprême.

Dans un autre cas cette année-là, cinq travailleurs migrants du Bengale occidental qui avaient été détenus à Mumbai auraient été poussés vers le Bangladesh. Ils ont ensuite été rapatriés à la suite de discussions entre les forces de sécurité des frontières indiennes et les gardes-frontières du Bangladesh.

Des groupes de défense des droits ont cité de tels cas tout en s’inquiétant du traitement réservé aux travailleurs migrants parlant le bengali lorsque les autorités les soupçonnent d’être des ressortissants bangladais sans papiers.

Une famille attendant son retour

Pour le mari et les deux fils de Fakir, le débat sur la citoyenneté et la migration est devenu une crise personnelle.

Elle dit qu’elle a quitté son domicile pour faire ses courses et s’est retrouvée de l’autre côté d’une frontière internationale.

Ils demandent désormais l’intervention des tribunaux et du gouvernement indien pour établir ce qui est arrivé à Fakir et garantir son retour.