Attaque terroriste islamophobe présumée après qu’un homme armé ait tué un homme et en a blessé plusieurs près de Paris
Les procureurs antiterroristes français ont ouvert une enquête sur une attaque présumée raciste et islamophobe près de Paris après qu’un homme armé a ouvert le feu sur des civils, tuant une personne et en blessant plusieurs autres, dont une fillette de 12 ans qui a reçu huit balles.
La fusillade a eu lieu ce matin à Trappes et à La Verrière, dans le département des Yvelines à l’ouest de Paris, où un homme de 39 ans aurait traversé des quartiers résidentiels en tirant avec une arme automatique sur des piétons.
Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a qualifié l’incident d’attentat terroriste aux motivations racistes et probablement islamophobes, révélant que la personne tuée était d’origine africaine tandis qu’une autre victime grièvement blessée était d’origine maghrébine.
Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a été sans équivoque dans son évaluation de la violence. « Les enquêtes sont en cours, mais il s’agit clairement d’un crime terroriste. C’est un acte extrêmement grave », a-t-il déclaré aux journalistes.
Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a pris en charge l’enquête, examinant si les victimes ont été ciblées en raison de leur race, appartenance ethnique, nationalité ou religion, réelles ou présumées.
Le tireur a ciblé plusieurs endroits
Selon les médias français, l’agresseur a ouvert le feu vers 10h30, heure locale, tirant depuis un véhicule à plusieurs endroits, notamment une station-service, un centre médical et une zone proche d’une aire de jeux pour enfants.
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Des témoins ont déclaré avoir entendu des rafales répétées de coups de feu alors que le véhicule circulait dans les rues.
La jeune fille de 12 ans a subi huit blessures par balle et a été transportée à l’hôpital dans un état grave. Le maire de La Verrière, Nicolas Dainville, a ensuite indiqué à l’AFP que son état s’était stabilisé.
Les autorités françaises ont initialement signalé un mort et quatre blessés, bien que des rapports ultérieurs d’Associated Press aient indiqué que cinq personnes avaient été blessées.
La police a arrêté l’agresseur présumé dans la ville voisine de Coignières peu après la fusillade. Il a été placé en garde à vue.
Le journal français Le Parisien a rapporté que les enquêteurs pensent que l’arme utilisée était une mitraillette STEN datant de la Seconde Guerre mondiale.
Le maire Rabeh a déclaré que le tireur semblait tirer sans discernement et qu’il avait apparemment l’intention de commettre un massacre. Il a décrit comme un miracle le fait qu’aucun plus grand nombre de personnes n’ait été tué.
Motif islamophobe présumé
Le possible caractère raciste et islamophobe de l’attaque est devenu un élément central de l’enquête.
Rabeh a déclaré que l’origine ethnique de certaines victimes soulevait de sérieuses questions quant à savoir si elles avaient été délibérément ciblées. Il a déclaré aux journalistes que les victimes auraient tout aussi bien pu être des membres de sa propre famille.
Le maire a également mis en garde contre les conséquences d’une rhétorique politique incendiaire, appelant à condamner tout langage susceptible d’encourager les gens à commettre de tels actes.
Le parquet antiterroriste a ouvert une enquête pour assassinats et tentatives d’assassinats liés au terrorisme, avec comme circonstance aggravante que les victimes pourraient avoir été ciblées en raison de leur identité raciale, ethnique ou religieuse.
Les enquêteurs examinent également d’éventuels délits de complot terroriste et de possession illégale d’une arme automatique interdite.
L’idéologie précise et les motivations du suspect n’ont pas encore été établies publiquement.
Suspect connu de la police
Le journal français Le Parisien a identifié le suspect comme étant Kevin T., âgé de 39 ans, précisant qu’il était auparavant connu de la police pour des délits de vol, de drogue et d’alcool au volant.
Cependant, il n’était apparemment pas connu de la DGSI, le service de renseignement intérieur français.
La chaîne de télévision française BFMTV a également rapporté que les enquêteurs avaient découvert des bouteilles de gaz apparemment disposées comme un piège à l’intérieur de l’appartement du suspect. Les circonstances de cette découverte ne sont pas encore pleinement établies.
Cette fusillade intervient dans un contexte d’inquiétudes persistantes concernant la haine anti-musulmane et l’influence de la rhétorique d’extrême droite en France.
En mai 2025, Hichem Miraoui, un Tunisien, a été abattu à Puget-sur-Argens, dans le sud de la France, lors d’une attaque soupçonnée de terrorisme d’extrême droite. L’agresseur présumé aurait publié des vidéos racistes exprimant son hostilité à l’égard des musulmans et des immigrés.
Ce meurtre fait suite à celui, en avril 2025, d’Aboubakar Cissé, un jeune fidèle musulman poignardé à plusieurs reprises dans une mosquée de La Grand-Combe.
Les dernières violences surviennent également dans un contexte de tensions politiques accrues suite aux manifestations nationales en France le 17 octobre, au cours desquelles certains commentateurs d’extrême droite ont accusé les immigrés de désordre et de vandalisme.
